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Afin de tenter de comprendre le fonctionnement de la pensée, les sciences
cognitives tendent naturellement à simplifier et à réduire les processus
complexes se produisant dans les activités les plus élaborées de la
cognition comme le langage, la perception de la musique ou les autres modes
de la communication interhumaine utilisant les moyens les plus subtils. Les
modèles informatiques du raisonnement analogique ont une valeur heuristique,
voire explicative certaine et se développent actuellement largement. Pour
autant, l'approche réductionniste qu'ils nécessitent, pour indispensable
qu'elle soit, laisse dans l'ombre les processus les plus élaborés de la
pensée humaine. En cela, elle laisse insatisfait le neurobiologiste dans sa
compréhension des comportements (notamment la production artistique)
spécifiques de l'humain.
L'analyse des faits culturels comme la littérature, la musique, la danse,
ainsi que les réflexions sur l'éducation et la pédagogie, soulignent
l'importance de l'analogie comme processus cognitif majeur. Cette importance
est perceptible dans le fonctionnement des réseaux neuronaux. Mais plus
encore, hors du contexte scientifique, les processus d'analogie furent
théorisés depuis Aristote dans la (les) rhétorique(s), quelle que soit
l'époque sur laquelle l'attention de l'observateur se porte. Cette
théorisation très ancienne, les débats multiples sur le sens propre ou
figuré des mots et des expressions, tout autant que l'utilisation poétique,
musicale et chorégraphique de nombreuses figures de l'analogie, nous
suggèrent que d'autres approches de la cognition doivent pouvoir être
pensées autour de l'analogie, en partant non pas de l'enregistrement
unitaire d'un neurone, mais des faits culturels dans leur impressionnante
complexité.
C'est donc une approche à la fois mathématique (informatique) cognitive,
littéraire, musicale, et philosophique qui est proposée dans le contexte de
ce colloque, qui fait suite au colloque Art et Cognition, dans lequel une
question centrale concernait l'implicite. C'est cet implicite qui constitue
la cible de l'analogie et de ses différentes figures (métaphore,
synecdoque, ...). Ainsi ce colloque vise à susciter une approche "par le
haut" de la cognition, c'est à dire par le fait culturel, au travers de
l'analogie et de
ses figures.
Organisateur de la journée : Jean Vion-Dury
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Introduction |
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Modèles informatiques du raisonnement par analogie
Jean Lieber
Docteur en informatique, Maître de Conférences
Université Henri Poincaré Nancy 1 |
| | Analogie, Métaphore : le statut de la ressemblance
Marie Dominique Gineste
Maître de Conférences en Psychologie Cognitive
Université Paris 13 |
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Traitement analytique et holistique dans le raisonnement par analogie
Thierry Ripoll
Maître de Conférences, Laboratoire de Psychologie Cognitive
Université de Provence |
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Les figures de l'analogie dans la rhétorique
Joëlle Gardes Tamine
Professeur de linguistique française
Université de Provence |
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Comment comprendre les figures de l'analogie dans les arts appliqués (opéra, théâtre, peinture, sculpture)
Michel Verschaeve
Premier prix de chant et d'art lyrique au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, Directeur de la La Compagnie Baroque |
| Philosophie de l'analogie. Evolution du concept en Occident.
Nanine Charbonnel
Professeur de Philosophie
Université Strasbourg II |
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