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L'activité électrophysiologique cérébrale à haute fréquence (béta et gamma) est tout à la fois un marqueur temporospatial de la synchronisation temporelle des décharges neuronales de différents réseaux neuronaux locaux spécialisés plus ou moins distants les uns des autres, et de la connectivité spatiale fonctionnelle entre différents réseaux neuronaux, ou encore de l'intégration temporospatiale d'informations multi-sensorielles. Serait-elle encore davantage un signe de la perception cohérente et consciente du monde par simultanéité?
Des travaux récents ont confirmé l'importance des activités béta et gamma comme marqueur de l'attention, de l'appariement des concepts, de la décision lexicale, ainsi que de la perception visuelle consciente d'une forme (Varela et al., Nature, 2000).
Plus récemment encore, une étude a montré une augmentation d'amplitude et de durée de l'activité gamma chez des moines bouddhistes méditants (sur le thème de la compassion): l'activité gamma se révèle donc aussi un marqueur neurophysiologique de la conscience méditative (Lutz et al., PNAS, 2004). Cette découverte est à notre connaissance la première à démontrer clairement l'impact d'une activité mentale volontaire hautement conscientisée, et de la pratique de cet état particulier de conscience, sur le fonctionnement neuronal.
Il n'est guère étonnant qu'un dysfonctionnement de la synchronisation neuronale soit retrouvé dans des désordres neurologiques ou neuro-psychiques comme l'épilepsie, la dépression, la schizophrénie, les troubles attentionnels ou l'autisme.
Il s'agira donc lors de cette journée d'éclairer le fonctionnement et les dysfonctionnements de l'esprit-cerveau humain à la lumière croisée d'approches expérimentales chez l'animal, neurobio-physiologique et neuropsychopathologique chez l'homme, et d'approches philosophique et socio-anthropologique.
Organisateurs de la journée : Alexa Riehle et Bruno Gepner
Intervenants :
Alexa Riehle, neurobiologiste, INCM, CNRS, Marseille
Wolf Singer, neurobiologiste, Max Planck Institut for Brain Research, Francfort
Jean-Philippe Lachaux, neurobiologiste, INSERM U280, Lyon
Catherine Tallon-Baudry, neurobiologiste, CNRS LENA UPR640, Paris
Pierre Jacob, philosophe, Institut Jean Nicod, CNRS/EHESS/ENS, Paris
Raphaël Liogier, socio-anthropologue, IEP, Université Paul Cézanne, Aix-en-Provence
Bruno Gepner, psychiatre, Hôpital Montperrin et UMR CNRS 6057, Aix-en-Provence
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